Quelques sentiers à explorer pour se mettre en présence de Dieu
La prière existe dès que nous avons le désir et que nous commençons à prier. C’est une expérience de foi et d’amour qui se vit au plus profond du cœur. La seule chose à faire lui ouvrir la porte (don de Dieu qui s’accueille).

1-Prie comme tu es : la meilleure méthode est la tienne, encore faut-il la découvrir. Tu as une prière qui t’appartient et qui s’accorde à ton tempérament, à ton état de vie : demande ou louange, supplication ou action de grâces, vocale ou silencieuse. Tu pries à partir de ce que tu es, avec l’âge que tu as, avec tes joies, tes tristesses, avec ton histoire et ton expérience de vie.
Tu te présentes devant Dieu en sachant qu’il t’aime tel que tu es. Sois toi-même.
2-Prie comme tu vis : La prière ne marche pas à coté de ta vie, elle est dans la vie. Et comme la vie n’est pas parfaite, la prière ne l’est pas non plus. Si on attend des conditions idéales, on ne priera jamais. La plus belle prière est celle que tu vis aujourd’hui dans les situations les plus diverses, parfois angoissantes (rater un examen, perdre ses clefs, vivre un grand stress, accompagner un malade…) La prière s’adapte aux circonstances de ta vie que tu sois à l’école, dans ta chambre, à l’hôpital, dans un train, en plein air, triste ou joyeux, en travaillant la nuit. Elle est là dès que l’on prie, invisible aux autres, visible en soi. Elle prend ce qui fait ta vie et l’exprime au Seigneur sous forme de demande et de louange.
3-Prie comme tu crois : Dis moi comment tu pries et je te dirai qu’elle est ta foi. La prière commence par un acte de foi ! Tu pries à la manière de ta foi. C’est comme une flèche que tu lances au ciel ; plus ta foi est vivante plus elle monte haut. Mais chacun ne croit pas en Dieu de la même façon, ni ne prie de la même manière. L’idée que l’on se fait de la prière est subordonnée à l’image que l’on a de Dieu.
Dans les grands textes bibliques Dieu est présenté comme un amoureux qui épouse sa créature. « Tu seras ma fiancée, et je t’apporterai la justice et le droit, l’amour et la tendresse ; tu seras ma fiancée, et je t’apporterai la fidélité, et tu connaîtras le Seigneur. » (Osée2, 21-22)
4-Prie comme tu aimes : Le sujet de la prière c’est toi, mais son objet est Dieu qui t’as aimé le premier. Tu pries parce que tu es aimé de Dieu et tu lui réponds par l’amour. La prière est un dialogue secret et plein d’amour qui n’appartient qu’à toi et à Dieu. Il t’offre sa présence sans que rien n’y interfère, même pas tes faiblesses ; elles sont une occasion d’expérimenter sa miséricorde infinie.
Tu ne prieras pas toujours de la même manière mais tu vas toujours prier comme tu aimes. Prier c’est être en présence de Dieu en pensant à lui avec amour. Le bienheureux Charles de Foucault disait « plus tu aimes, mieux tu pries. »
A un moment donné, on peut ressentir dans la prière une certaine absence de l’amour de Dieu, mais cela ne signifie pas que Dieu est absent. Il nous conduit sur les chemins de la sécheresse pour nous faire croître dans l’amour désintéressé. Thérèse de Lisieux en est un exemple éloquent. Alors qu’elle est alitée, à l’infirmerie du Carmel, elle ne peut pas dormir, donc elle prie. Sœur Geneviève lui demande ce qu’elle dit à Jésus. Elle lui répond « je ne lui dis rien, je l’aime ».
5-Prie comme tu parles à un ami : Prier c’est s’entretenir avec Dieu, le Christ en toute amitié. Tu peux lui dire « Seigneur, je crois en toi, apprends-moi à prier et à t’aimer. Tu me connais et tu m’aimes tel que je suis. Je t’offre ce que je suis et ceux qui me sont chers. Envoi ton Esprit qui donne vie à ma vie. Je te loue pour ce que tu es et pour ce que je suis. Merci pour ton amour infini ».
Tu vois c’est simple. Tiens-toi en sa présence comme avec un ami avec son ami. Il suffit de lui parler simplement et de l’écouter. Raconte-lui ce que tu vis ou regarde-le en silence dans la foi. (Prier = Ecouter Dieu par nos mots et nos silences)
6-Prie avec ton désir : Ton désir, c’est ta prière, disait Saint Augustin. Tu pries en présentant à Dieu non seulement ce que tu es mais ce que tu désires être. Tu t’ouvres au désir de Dieu en étant présent à sa présence avec ton désir.
Que tu répètes intérieurement une prière que tu as apprises ou que tu pries prie spontanément, ce que Dieu regarde c’est le désir et l’amour que tu mets dans ta prière.
Tu me dis que tu arrives difficilement à te recueillir, que tu as l’impression d’être dans le vide, que ton esprit part dans toutes les directions. Tu peux t’aider d’images, d’icône, d’un verset biblique, d’une musique, du nom de jésus que tu répètes intérieurement, et tu peux prier à partir de tes distractions, au lieu de vouloir les chasser sans cesse.
A toi de voir, ce qui t’aide dans la prière et quel est ton désir. Tu veux peut être trop en faire ou tu vois Dieu comme quelqu’un de compliqué qu’il faut impressionner, satisfaire, amadouer. La prière est comme Dieu tellement simple, c’est un regard d’amour, un désir d’être avec lui, un silence paisible, un doux soupir. Elle est fondamentalement repos, grâce, don.
7-Prie avec ton corps : Ton corps peut être ton allié qui exprime et soutient ta prière. Nourris-le bien et donne-lui le repos dont il a besoin. Un moine m’a dit que prier, c’est savoir s’asseoir. En étant immobile, la colonne vertébrale bien droite, on prie mieux, l’esprit peut se recueillir et être attentif à la présence de Dieu.
Si dans les grandes traditions la position assise exprime l’attente, l’écoute, la médiation, la position à genoux exprime la supplication, le repentir, l’adoration. Il y a aussi la position des mains jointes ou levées et aussi la posture debout. Et si tu t’endors en priant, ne te scandalise pas « Dieu comble son bien-aimé quand il dort » (Psaume 126,2)
8-Prie avec la Bible : Le chrétien ne prie jamais dans le vide, il répond à la parole de Dieu qu’il lit et entend, médite et contemple, individuellement ou en groupe. La tradition chrétienne parle de quatre exercices de l’être spirituel qui sont quatre degrés de la prière: lecture spirituelle, méditation, prière, contemplation. On cherche en lisant et on trouve en méditant, on frappe en priant et on entre en contemplant.
La méthode est simple. Tu te recueilles quelques minutes, puis tu lis un verset ou une scène d’Evangile. Tu lis lentement dans ton cœur comme si tu « mâchais » le texte. Tu médites et goûtes ce que tu lis. Ce n’est pas ton activité mais celle de Dieu.
9-Prie avec la liturgie : Un ami me disait : « moi, je prie chez moi, je n’ai pas besoin d’aller à l’église ». Il est vrai que l’on n’est pas obligé d’aller dans une église puisque le cœur est le sanctuaire de la prière. Mais le Seigneur nous donne aussi de le rencontrer dans la célébration liturgique.
La liturgie et la prière personnelle ne sont pas opposées, mais s’interpénètrent comme le levain dans la pate. La liturgie et les sacrements ont toujours été considérés comme des lieux privilégiés de la rencontre du Christ ressuscité. Pourquoi ne pas aller puiser à cette source qui ouvre ta prière aux autres en lui donnant des mots qui nourrissent de l’intérieur ? On passe du « je » de sa prière au « nous » de l’Eglise : « Prions le Seigneur » (Prière Universelle)
La liturgie est un faire qui aide à être prière ? Par ses rites, paroles, gestes, chants, musiques, la liturgie enseigne à prier tout en proposant une expérience : la rencontre du Ressuscité qui conduit au Père en donnant l’Esprit.
Plusieurs formes de prières communautaires peuvent irriguer la prière personnelle : célébration de la Parole, prière charismatique, pèlerinage, bénédictions quotidiennes, rosaire, liturgie des Heures, qu’on appelle aussi Office divin, et que l’on retrouve dans le livre Prière du temps présent.
10-Prie avec le silence : C’est parce que Dieu est Parole que l’on fait silence. Le silence dont il est question est d’abord intérieur avant d’être extérieur. Il n’est donc pas tant l’absence de paroles qu’une expérience amoureuse au mystère, une communion à ce qu’il y a de plus sacré, de plus profond en nous.
On peut très bien goûter ce silence en plein métro à l’heure de pointe, ou être envahi par les bruits intérieurs dans un monastère éloigné du monde. La bienheureuse Marie de l’Incarnation, une mystique canadienne, disait « le silence est un parler sacré dans lequel on goûte l’amour ».
Le silence est à la prière ce que l’eau est au poisson : un espace vital. Il éveille le cœur et met en présence du mystère de Dieu. Un silence tout attente, simple attention la Présence, éveil à Dieu. Tu peux le désirer, l’accueillir, le cultiver. Ce silence habité se surtout dans l’oraison intérieur, appelé aussi prière contemplative. Le but recherché est toujours le même : l’union avec Dieu présent au centre de l’âme.
« Mais toi, quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret : ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra. » (Matthieu 6,6)
Un guide pratique de la prière chrétienne (Presse de la Renaissance), Jacques Gauthier

 

LE CAREME

Le carême nous rappelle les 40 jours passés par Jésus dans le désert et nous emmène vers Pâques.
C'est un temps de renouvellement pour revenir à l'essentiel , c'est un temps de pénitence et de conversion.
C'est un temps pour revenir à Dieu, se rapprocher de Dieu, des autres mais aussi un temps pour revenir à soi.
C'est un temps de réflexion pour faire un point, pour se poser des questions, comme qu'est ce qu'être chrétien aujourd'hui. Qu'est ce que cela veut dire ?

Mais comment se rapprocher de Dieu, suivre les pas du Christ ?
par exemple par la prière, le partage, aller à la messe et prendre vraiment conscience du sens de l'Eucharistie, l'adoration.
Le carême est un temps pour écouter Dieu qui nous parle.
Il faut prendre le temps d'écouter Dieu : Difficile dans nos vies actuelles! Tout va si vite !
Justement pendant le carême essayons de prendre le temps d'aller moins vite et être plus attentifs à ce qui nous entoure : les autres, la nature.
Nous sommes au printemps, temps du renouveau, essayons de faire de ce temps du carême un temps de renouveau pour nous !

Véronique- Animatrice